
Un peu d’histoire…
L’art de la calligraphie vietnamienne prend racine durant la période de domination chinoise (environ du IIe siècle avant notre ère au Xe siècle), lorsque le pays adopte les caractères chinois, appelés « chu Han », comme écriture officielle. Les Vietnamiens s’approprient alors cet art pour transcrire leur propre langue et leur pensée.
Vers le Xe siècle, ils créent le « chu Nom », une écriture originale dérivée des caractères chinois mais adaptée à la phonétique et au vocabulaire vietnamiens. Pendant près d’un millénaire, chu Han et chu Nom cohabitent et donnent naissance à une riche tradition calligraphique, gravée sur les stèles, les temples et les manuscrits.
À partir du XVIIe siècle, des missionnaires occidentaux, notamment Alexandre de Rhodes, élaborent une romanisation de la langue vietnamienne : le « Quoc Ngu », basé sur l’alphabet latin. Cette écriture ne remplace véritablement le chu Han et le chu Nom dans l’administration et l’enseignement qu’au début du XXe siècle (le dernier concours mandarinal utilisant le chu Han ayant lieu en 1919), avant de devenir l’écriture nationale officielle. Cette transition révolutionne alors la pratique de la calligraphie, en lui offrant un nouveau support graphique.
Ainsi, un nouvel art de la calligraphie est né, mêlant techniques traditionnelles et alphabet moderne.
Aujourd’hui, la calligraphie au Vietnam, appelée « Thu Phap », est un art traditionnel qui perpétue ces trois écritures (chu Han, chu Nom et Quoc Ngu). Plus qu’une simple écriture, c’est une véritable méditation qui demande patience et concentration, et qui reflète la personnalité du calligraphe.

La calligraphie vietnamienne moderne, un art en mutation
Aujourd’hui, la calligraphie vietnamienne ne se contente pas de survivre avec l’encre et le papier : elle se réinvente.
- Les artistes contemporains explorent de nouvelles techniques, intégrant le numérique et de nouveaux matériaux.
- Ils s’inspirent d’influences internationales, comme le minimalisme japonais ou l’expressionnisme abstrait occidental, tout en perpétuant les traditions ancestrales.

Cette ouverture aux influences extérieures enrichit l’art de la calligraphie grâce à la créativité de jeunes talents. Cet art devient ainsi plus dynamique et plus pertinent dans le monde d’aujourd’hui.
Cette créativité reste toutefois respectueuse du passé, tout en se tournant vers l’avenir. D’ailleurs, certains artistes calligraphes font même la promotion de la culture traditionnelle vietnamienne en enseignant cet art aux jeunes générations.
La tradition du « xin chu » en calligraphie
ou demander une lettre

Au moment de la fête du Tet, le nouvel an lunaire, il est de tradition de recevoir des vœux et d’en offrir : la paix, le bonheur, la réussite, la santé, la prospérité, la chance et tout ce que l’on souhaite pour la nouvelle année !
La calligraphie au Temple de la Littérature (Van Mieu) à Hanoï est une tradition vivante et un art lettré profondément ancré dans l’histoire de la première université du Vietnam, le Quoc Tu Giam (fondé en 1076). Les maîtres calligraphes du Temple de la Littérature se mettent à la disposition du public pour tracer, à la manière traditionnelle pinceau et encre de Chine les vœux de chacun, à offrir à leurs proches pour l’année à venir.
Chaque année, à l’occasion du Tet (généralement fin janvier / début février selon le calendrier lunaire), se tient le Hoi chu Xuan (Festival de la calligraphie de printemps), autour du lac Van (Ho Van), au sein du Temple de la Littérature.
Des cours d’initiation sont proposés via des offres dédiées, comme les cours de calligraphie à Hanoï.












